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mardi 20 mai 2003, par Geneviève Choquette
Le monde est constitué d’une multitude d’États, mais aussi de cultures et d’histoires. Dans cette perspective, est-il possible de formuler des principes moraux universels reconnus par tous ? Est-il seulement souhaitable que la morale subisse elle aussi un processus de globalisation ? Enfin, un droit commun respectant le pluralisme est-il envisageable ?
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Depuis l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme le 10 décembre 1948, la question de l’universalité de ces droits n’est toujours pas résolue. À l’époque, elle fut adoptée avec 48 voix pour, 0 voix contre et 8 abstentions : soit l’URSS, la Biélorussie, l’Ukraine, la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Bulgarie, l’Arabie Saoudite et l’Afrique du Sud.
Le fondement de cette déclaration repose sur le fait que les hommes sont universellement libres et qu’il faut assurer le respect de leurs droits. Ces droits dépendent quant à eux du " droit naturel ", constitué de droits inhérents à la nature humaine et indépendants de l’appartenance à une société ou à une culture. Ce droit naturel aurait d’ailleurs priorité sur le droit positif, celui de la loi et de l’État. Cette idée est à la base du droit universel et cherche à justifier l’application de principes communs à tous les États.
Toutefois, cette volonté de "globalisation morale" ne cherche pas nécessairement à uniformiser la pratique du droit, mais tout simplement à faire reconnaître des droits qui devraient être communs à tous les individus. Aussi, le processus d’universalisation devrait être considéré surtout comme un enrichissement ou encore un échange culturel sur les principes moraux essentiels au bon fonctionnement des sociétés. Il s’agirait donc d’harmoniser le droit plutôt que de l’unifier, et ce dans le but de faire appliquer plus facilement les droits de l’homme et d’éviter les crimes contre l’humanité.
Mais tous ne partagent pas cette conception des droits de l’homme, bien que la déclaration ait été soutenue à nouveau par les 180 États participants à la Conférence de Vienne organisée par l’ONU en 1993. On ne peut donc parler d’universalité des droits mais uniquement de fragmentation, dans la mesure où, pour plusieurs, la déclaration des droits de l’homme demeure une invention occidentale. Plusieurs la considèrent comme une monnaie d’échange ou un moyen de pression des pays occidentaux sur le reste du monde, soutenant que cette conception du droit est colonialiste et ethnocentriste.
La question que l’on doit poser concerne l’existence éventuelle de valeurs universelles. Ou bien les jugements moraux sont indifférents aux frontières géographiques, ou bien les valeurs et la conception du droit sont relatives à une culture. Dans ce cas, il serait paradoxal de vouloir imposer les droits de l’homme aux pays qui ne les reconnaissent pas, dans la mesure où la liberté se trouve au coeur de cette conception du droit. Reste à savoir si la volonté d’un pays est aussi celle d’un peuple et si ce peuple n’aspire pas justement à la liberté, définie ou non à l’occidentale.
Le problème majeur rencontré par le mouvement d’universalisation des droits de l’homme demeure la religion. Aussi, faut-il formuler une conception du droit qui transcende les croyances religieuses, ce qui n’est pas évident étant donné la proximité des valeurs morales et spirituelles. Il s’agirait peut-être de définir quelles sont les valeurs qui peuvent être communes à tous, indépendamment du sexe, de la culture, de la situation politique et économique. Pour ce faire, il semble nécessaire d’adopter un point de vue objectif, un peu comme celui que propose John Rawls à propos du choix des valeurs libérales (je fais allusion ici à la "théorie libérale pure" qui n’a plus grand chose à voir avec le monstre néo-libéral qu’elle a engendré).
Ainsi, afin de choisir des principes moraux qui seront justes, on doit supposer ce que Rawls appelle le "voile de l’ignorance", permettant de sélectionner les valeurs de base de la société en ignorant la place que nous y occuperons personnellement. Ce voile théorique rend donc possible la sélection de principes qui favorisent les plus désavantagés en assurant l’égalité des chances (économiques, sociales et politiques) pour tous, sans aucune distinction de genre, de religion ou de provenance sociale. Il s’agit maintenant de voir si cette position objective peut être envisagée dans la pratique et si les choix moraux peuvent être réellement faits au nom de la collectivité et non de l’individu ou de l’État.
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Envoyer cet article Il y a 1 contribution(s) au forum.
> Les droits de l’homme sont-ils universels ?
(1/1) 1er novembre 2005
bonjour Geneviève
Les droits de l’homme et la morale qui devrait en découlé est bien utopique. Chaques continents, chaques pays, chaques individus possèdent leurs propres morales, ce qui est pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. Dans les pays maghrebin la religion est très présente ce qui nuie aux libertés de chacuns, ils sont soumis aux lois de ces "biens pensants" religieux, chez les chrétiens aussi bien sur mais au sein des nation occidentale la religion perd du terrain. Tant mieux, tant pis finalement je ne sais pas. Au lieu de subir la dictature religieuse on subit la dictature démocratique. Les musulmans seraient ils prêt à reconnaitre la femme comme étant un être humain à part entière et lui accorder le respect mérité et due. Pour qu’éffectivement les droits de l’homme soit véritablement réspècté il faudrait éliminer les religions et toute forme d’état et ne se basé que sur une seule règle, le respect d’autrui et de notre mère la terre.
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