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RUBRIQUE: Droits et libertés

Ingrid Betancourt, une étoile dans la jungle

samedi 18 octobre 2008

par Ghislaine Sathoud

Au départ, on réclamait une preuve vie : la captive a donc écrit une lettre après un long silence. Aussi, la preuve de vie devait contenir des témoignages indiscutables pour convaincre la famille …

Or, cette captive est une femme entière qui ne fait pas les choses à moitié. Mais bon, avant tout, il serait bon de revenir sur cette captivité. Ingrid Betancourt était en pleine campagne électorale lorsqu’elle a été capturée… Et le suspens perdure depuis plusieurs années… Pour répondre à la preuve de vie, les enfants de la prisonnière ont publié une preuve d’amour ; l’ouvrage intitulé Lettres à maman par-delà l’enfer préfacé par le Prix Nobel de la paix Elie Wiesel a été publié aux éditions Le Seuil. Au mois de mars, à l’occasion de la journée internationale de la femme, nous avons évoqué la problématique des femmes prisonnières à cause de leurs idées… Bien sûr nous avons manifesté notre solidarité à plusieurs femmes : un tel événement ne pouvait pas se produire sans évoquer le nom d’Ingrid Betancourt. Nous avons rédigé des messages pour encourager les prisonnières, pour les inoculer le virus de l’espoir qui nous donne la force de poursuivre le combat contre les injustices envers les femmes, malgré les arrestations arbitraires de certaines militantes… À vrai dire, Ingrid Betancourt est une femme engagée : elle possède une expérience vaste et riche. Et, cette preuve de vie confirme clairement que ni le temps, ni les épreuves, ni même les humiliations ne réussissent à étouffer l’ardeur de la flamme du militantisme. De toute façon, ne dit-on pas qu’il faut se parer d’une carapace rigide pour conquérir les espaces interdits ? Même affaiblie physiquement, la force de l’engagement de la prisonnière demeure indemne. Une femme engagée restera toujours une femme engagée. Oui, Ingrid Betancourt est une femme engagée, une vaillante militante pour les droits humains, une mère exemplaire… Bref, cette femme combative est ce qu’on appelle une femme plurielle, une figure emblématique de la lutte pour l’émancipation de la femme, une icône. En tout cas, son expérience est inscrite dans les annales des luttes des femmes. Mais, comment fait-elle pour survivre dans cette jungle ? « Ici, la jungle est très épaisse, les rayons du soleil y pénètrent difficilement. Mais c’est un désert d’affection, de solidarité, de tendresse, et c’est la raison pour laquelle ta voix est le cordon ombilical qui me relie à la vie » (1)

Voilà un exemple qui devrait réconforter les militantes des droits humains qui se heurtent fréquemment à toutes sortes d’obstacles. Dans sa préface, le Prix Nobel de la paix Elie Wiesel rappelle la force de la captive : « Mais, Ingrid Betancourt reste lucide et courageuse, héroïque. Et libre. Et oui, cette combattante pour la liberté des hommes « n’a envie de rien pour demeurer au moins libre de ses désirs » (2) Une chose est sûre, le soutien indéfectible des auteurs de l’ouvrage est une preuve d’amour, une preuve de l’attachement des enfants à la mère : « Nos mots, qui te parviennent au goutte-à-goutte par la radio, seront ton énergie. Nos pensées, que nous t’envoyons en secret, seront ton réconfort. Nous ne te quittons pas, maman. Il y aura de nouveau pour toi des livres, des rires et de la légèreté. » (3)

Tout compte fait, cette lettre est réellement une histoire d’amour. En fait, le lecteur découvre des histoires d’amour. Une femme au creux de l’abîme trouve, malgré tout, des mots pour crier son amour à sa famille. Mais, elle ne prêche pas dans le désert : les enfants réagissent pour réconforter la mère, pour lui rappeler qu’ils poursuivent la lutte afin de réussir la réunification de la famille D’ailleurs ils n’hésitent pas de monter au créneau pour dénoncer l’illégitime captivité qui est à l’origine de ce drame familial. Il faut dire que toute la famille se mobilise pour soutenir Ingrid Betancourt : les efforts de Yolonda Pulecio, la mère de l’otage, une autre femme combative, méritent d’être soulignés. On ne peut pas passer sous silence la contribution du père de ses enfants et celle de son mari pour réclamer sa libération. Bien évidemment diverses actions sont menées dans monde pour réclamer la libération d’Ingrid Betancourt. En refermant mon livre, une image s’est profilée en face de moi : un cauchemar ? Peut-être que mes fortes pensées sont enregistrées dans mon subconscient et me reviennent de diverses manières ? Qu’à cela ne tienne ! Par conséquent, il faut poursuivre la lutte pour la réunification de cette famille. Les médias annoncent la précarité de l’état de santé de la captive. Il faut donner à cette vaillante femme l’occasion de serrer ses enfants dans les bras. En fait, la conclusion du livre est un message d’espoir : « Cette lettre n’est pas une lettre d’adieu. C’est une lettre de retrouvailles. À bientôt maman. » (4) Oui, nous gardons espoir… Ah, espoir, toi notre compagne réconfortante… que serions nous sans toi ? Et si les auteurs pouvaient prononcer ce message d’espoir de vive voix à Ingrid Betancourt ? Non, non, cette hypothèse n’est pas un rêve, je continue de croire que ces retrouvailles ne tarderont pas… n’est-ce pas ?

(1) Lettres à maman par-delà l’enfer, p.14. (2) Op. cit. p.9. (3) Op. cit. p.59. (4) Idem.

Mélanie Delloye-Betancourt, Lorenzo Delloye-Betancourt Lettres à maman par-delà l’enfer , Paris, Seuil, 2008, 61 pages, ISBN : 978-2-02-097773-9

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RUBRIQUE: Idéologies et religions

"Démocratie et égalité des sexes" : au-delà du rapport Bouchard-Taylor

samedi 18 octobre 2008

par Sisyphe

Au Québec, les vives réactions suscitées par une série de dérogations aux règlements, consenties pour des motifs d’ordre religieux, ont incité le gouvernement à créer une Commission de consultation en 2007.

Les audiences de cette commission dite Commission Bouchard-Taylor, du nom de leurs co-présidents, MM. Gérard Bouchard et Charles Taylor, ont donné lieu à un exceptionnel exercice de démocratie. Toutefois, si les personnes invitées à s’y exprimer ont pu le faire librement, à la lecture du rapport des commissaires, en mai dernier, on a pu constater qu’elles n’ont pas toutes été entendues avec la même objectivité ni la même empathie. Dans un livre publié récemment, Diane Guilbault présente un point de vue bien différent des conclusions de ce rapport. Elle livre une synthèse convaincante sur les liens complexes entre démocratie, laïcité, religion et égalité des sexes. Elle adopte une position critique objective et mesurée, après avoir d’abord défini minutieusement les concepts autour desquels s’articule sa réflexion. Elle rappelle le contexte socio-politique à l’origine de « la crise des accommodements » que les présidents de la Commission Bouchard-Taylor réduisent à une « crise des perceptions ».

Une lecture fondamentaliste des religions

La chercheuse explique pourquoi les propositions du rapport de cette commission donnent une réponse inappropriée au profond malaise qu’éprouve une large partie de la société québécoise devant la contestation de ses valeurs et de règles adoptées à la suite de longs processus démocratiques, depuis quelques décennies. La question des accommodements n’a rien à voir avec l’immigration, dit Diane Guilbault, comme l’ont laissé croire les commissaires Bouchard et Taylor ; elle concerne plutôt l’adhésion d’individus à une lecture fondamentaliste et politique de leur religion. Cette lecture, associée à une interprétation des Chartes basée sur les croyances et les droits individuels ainsi que sur le multiculturalisme, conduit à l’amalgame de l’appartenance culturelle et de l’appartenance religieuse, cette dernière devenant pour plusieurs le fondement de leur identité. Une telle lecture incite à croire qu’il est légitime de réclamer des privilèges personnels au détriment des droits collectifs, notamment les droits des femmes.

Une partie de la gauche québécoise et féministe associe la critique des accommodements, dispensés fort libéralement au nom de croyances religieuses, à une attitude fermée à « la différence », ce qui limiterait la réflexion. L’auteure de Démocratie et égalité des sexes conteste cette interprétation et souligne la nécessité de mener plus avant une réflexion critique et un véritable débat sur la pertinence de ces accommodements.

Elle ne se contente pas d’exposer les problèmes et d’analyser les diverses réponses proposées. Elle avance des solutions pour améliorer les conditions du vivre-ensemble de manière à ce que soient respectés, à la fois la liberté religieuse des uns, et les droits et les valeurs qui obtiennent une large adhésion au sein de la société québécoise. Une déclaration officielle de laïcité par l’Assemblée nationale et la déjudiciarisation du religieux guideraient les institutions publiques afin qu’elles apportent des réponses plus appropriées aux demandes d’exemptions qui menacent les droits.

Diane Guilbault reconnaît que le bilan de l’Occident est loin d’être parfait. Mais il compte à son actif, dit-elle, des valeurs qu’il faut revendiquer et défendre avec fierté : la démocratie, la séparation de la religion et de l’État, ainsi que l’égalité des sexes. L’émancipation des femmes a certes entraîné des changements sociaux majeurs, mais le sexisme existe toujours, perpétué par les discours des fondamentalistes religieux et des groupes conservateurs. Tout autant que la défense du français, il faut que la lutte pour l’égalité des femmes demeure une priorité au Québec.

Rappelant que, partout au monde, des femmes refusent d’abdiquer leur liberté et que certaines le paient de leur vie, Diane Guilbault conclut : « Pour conserver leurs acquis, les femmes doivent poursuivre leur combat en gardant en tête l’objectif fondamental du féminisme : l’émancipation de toutes les femmes. Il faut reconnaître que certaines règles religieuses sont discriminatoires […]. Appuyer les femmes qui les revendiquent pour toutes sortes de raisons ne peut être une position féministe. Au contraire : chaque fois que ces mesures discriminatoires reçoivent un appui, toutes celles qui luttent contre le sexisme à l’intérieur de leur communauté y perdent au change. » S’il est vrai que l’ignorance nourrit l’intolérance, il est aussi vrai que la tolérance découle parfois de l’ignorance.

* Diane Guilbault, Démocratie et égalité des sexes, Les éditions Sisyphe, Montréal, 2008. Format : 15cm x 6cm, 139 p.

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    RUBRIQUE: Art et culture

    Le Réel

    mardi 16 septembre 2008

    par Karim Abdellatif

    Réflexion sur la relation entre le réel, la vie et le rêve.

    Le domaine du réel est un vaste champ à défricher, une terre aride qu’il faut labourer patiemment, puis semer, grain après grain, en vue d’une récolte future parfois hasardeuse, voire infructueuse. Le réel n’est pas palpable, ce n’est pas une matière brute et impénétrable, qui se livre prête à l’emploi. Il n’y a pas de notice, pas de recette. Le réel se façonne comme une glaise qu’un potier pétrit de ses mains, comme un tableau qu’un peintre invente touche après touche, comme l’espoir qu’un peuple blessé et oppressé place dans le changement. Le réel n’est pas la vie, et inversement la vie n’est pas le réel, mais celle-ci forme le terreau qui lui donne naissance, le substrat qu’il faut modeler et transformer pour faire éclore une vérité, une parmi tant d’autres. Le réel est une vérité possible, une approche des faits et des évènements, de l’histoire et des dogmes, du concevable et de l’impossible. Ce qui fut ou qui sera ne doit pas être notre réel ; celui-ci doit en revanche germer dans notre imagination, il doit émerger de nos rêves et de nos espoirs, il doit dissiper les vapeurs d’un monde concret qui nous enchaîne à lui par mille liens, il doit rompre la servitude dont nous ne sommes mêmes plus conscients. Le réel n’est pas le lot des esclaves, mais celui des âmes damnées en révolte contre le consensus ancien, contre les us et coutumes figés et pétrifiés. Celui qui imagine et théorise le réel doit dépasser l’ineptie des utopies vouées à créer de nouvelles barrières, de nouvelles cages et de nouvelles entraves. Le réel doit être un rêve éveillé et raisonné, une vision à laquelle on s’accroche de toutes ses forces. Il faut être courageux pour croire que le réel n’est pas la vie que nous vivons, mais celle que nous désirons, car cela implique que nous échangions les rôles de spectateurs passifs contre ceux d’acteurs conscients de nos existences. Si cette possibilité nous est ôtée, la vie n’a plus de sens car elle n’est alors plus qu’un chemin sans surprises que nous suivons à la manière d’un mulet qui veut retrouver son maître, son avoine et ses brides.

    Le rêve est ce qui reste aux pauvres et aux déshérités. C’est l’arme des masses asservies qui peut déclencher à tout moment une révolution. Vous pouvez interdire de parler, de prier, de manger, de coïter et de respirer, mais vous ne pouvez résolument pas interdire le rêve. L’espoir est ce qui préserve l’avenir de l’homme : la foi en de meilleurs jours, la volonté de survivre à sa mort, l’espérance que la vie devienne le réel tant attendu. L’homme qui cessé de rêver est une branche morte qui se dessèche, puis chute. Il retourne dans le néant et s’évanouit dans le dédale de l’oubli et de l’ennui. De même, une société que l’on prive de ses rêves se sclérose, se désagrége et se délite. Le réel doit devenir le vécu des hommes, et une fois que la vie se sera calquée sur lui, il faudra le réinventer. Qui pourrait en effet le tenir honnêtement pour acquis alors qu’il constitue un rêve en mutation permanente ?

    Le réel est le port d’ancrage du rêve, et l’espoir constitue le soutien des âmes vivantes. La nécessité de ne pas s’effacer devant les représentations présentes de l’existence se fait d’autant plus pressante que celles-ci tendent à s’aligner sur quelques grandes échelles de valeur, sociétales et religieuses. Chacun doit élaborer ses propres rêves et ne pas succomber aux mythes séducteurs d’une uniformité grégaire. L’homme est le seul être vivant qui peut modifier son présent selon ses rêves, et accaparer en dernier ressort son réel.

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    Dernières brèves

    Participant(e)s recherché(e)s par le Collectif de recherche sur l’autonomie collective (Québec)

    dimanche 2 novembre 2008

    A LA RECHERCHE DE PARTICIPANT.E.S !

    - Êtes-vous impliqué.es dans la lutte contre le colonialisme ou le racisme au Québec ?
    - Est-ce que vous vous dites personne de couleur ou allié.e ?
    - Est-ce que vous vous dites (pro)féministe ? Antiautoritaire ?
    - Est-ce que ça vous tente de partager vos expériences et analyses avec d’autres militant.es antiracistes ou anticoloniaux au Québec, avec la population en générale et avec le milieu académique ?

    Si vous avez répondu "oui" à ces questions, nous voulons vous rencontrer !

    Nous sommes Robyn et Shirene et nous travaillons au Collectif de recherche sur l’autonomie collective (le CRAC), groupe affilié à l’École des affaires publiques et communautaires de l’Université de Concordia (sous la responsabilité d’Anna Kruzynski). Le CRAC est un groupe d’affinités composé de militantEs antiautoritaires et (pro)féministes qui travaille à documenter la diversité et complexité de son propre mouvement, et ce, avec les militantEs des réseaux et groupes étudiés. Il s’intéresse en fait aux groupes et réseaux anticapitalistes antiautoritaires ayant émergé au Québec depuis 1995 (voir le répertoire en construction http://repertoire.crac-kebec.org/).

    Nous travaillons sur une étude de cas qui sera réalisée à partir d’entretiens avec des personnes de couleur et leurs allié.es qui se disent (pro)féministes et antiautoritaires et qui militent au sein de groupes, organisations ou projets antiracistes ou anticoloniaux. Lorsque nous aurons terminé, l’étude de cas prendra la forme d’un petit livre (une monographie) qui contiendra notamment une description détaillée des militant.es, évènements et projets de ce réseau. La deuxième partie du livre sera consacrée aux plaisirs, défis et contradictions associés à ce type de militantisme dans la conjoncture actuelle, ainsi qu’aux apprentissages à tirer des expériences militantes des participant.es au projet. Ce livre servira non seulement à alimenter des recherches futures, mais il pourra être utilisé par des organisations et militant.es qui s’impliquent dans la communauté.

    D’ici les prochains mois, nous allons réaliser des entretiens individuels avec ceux et celles qui voudront participer à notre étude. Il est important de noter que ceux et celles qui participeront au projet auront l’occasion de réviser et de valider leur contribution à l’étude de cas. De plus, nous nous engageons à la confidentialité ; c’est-à-dire, qu’aucun nom n’apparaîtra dans les documents qui seront publiés. Votre participation est entièrement volontaire et ne sera pas compensée monétairement.

    Toute personne qui se dit personne de couleur ou alliée (telle que défini ci-dessous), (pro)féministe et antiautoritaire, et qui s’implique dans un groupe, réseau ou projet antiraciste ou anticolonial est encouragée à participer. En d’autres mots, si vous répondez oui à toutes les questions suivantes, nous voulons vous rencontrer !

    - Est-ce que vous lutter contre le sexisme et le patriarcat ?
    - Dans votre for intérieur, est-ce que vous refusez la légitimité de l’État et toute autre forme d’autorité illégitime ? Est-ce que vous tenez à la démocratie directe et l’organisation non-hiérarchique ?
    - Êtes-vous un.e militant.e ou organisateur.trice dans un groupe ou projet (au Québec) qui œuvre, en premier lieu, contre le racisme et le colonialisme ? Qu’il s’agisse notamment d’un groupe communautaire, groupe d’affinité antiautoritaire, collective de femmes, fédération de groupes, un projet d’éducation populaire, un projet d’art engagé, etc. ?

    Si vous voulez participer, SVP nous contacter avant le 10 novembre 2008. Si vous avez des questions ou si vous avez besoin de plus d’informations, SVP n’hésitez pas à nous contacter !

    Si vous connaissez d’autres personnes, qui habitant le Québec, qui pourraient-être intéressées par cette étude, SVP leur transmettre cette invitation.

    Au plaisir d’avoir de vos nouvelles !
    - Robyn Maynard et Shirene Eslami

    Pour le Collectif de Recherche sur l’Autonomie Collective, robynmaynard@gmail.com ou shirenee@gmail.com, 514-848-2424 poste 8709,

    Site Internet : http://www.crak-kebec.org

    Qu’entendons-nous par personne de couleur et allié.e ?

    Personne de couleur : racialisé.e, brun.e, noir.e, mixte, Africain.e, Autochtone, Première Nation, Inuit, ’West Indian’/des Caraïbes, Latino Americain.e, Asiatique, est-asiatique, moyen-orientale, sud-asiatique, "non-blanc", non-Européen.e, minorité (in)visible.

    Allié.e : Quelqu’un.e qui n’est pas une personne de couleur, mais qui reconnaît l’oppression structurelle que subissent les personnes de couleur, ainsi que le fait que sa blancheur lui assure un certain privilège. Un.e allié.e comprend que ces dynamiques sont non seulement structurelles, mais font aussi partie des relations interpersonnelles quotidiennes. Un.e allié.e lutte activement contre ces dynamiques par l’action collective et par l’Introspection, et ce, en solidarité avec les personnes de couleur qui luttent pour leur autodétermination.

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    Les gouvernements doivent réinvestir dans le logement social

    lundi 22 septembre 2008

    Il y a quelques semaines, le gouvernement Harper promettait s’il était réélu, de donner un crédit d’impôt de 5 000$ aux personnes qui achètent leur première maison.

    Mais que fait-on pour les moins bien nantis ?

    Voir en ligne : Il faut 30 000 logements à prix abordable par année pour suffire à la demande

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    La mortalité maternelle en Afghanistan, un record mondial qui laisse indifférent

    samedi 13 septembre 2008

    Sociologue et militante humanitaire, Carol Mann revient de l’Afghanistan où elle travaille sur le problème de la surmortalité maternelle désastreuse dans ce pays, même sept ans après le départ des Talibans. C’est un problème certes reconnu, mais que les médias ignorent et que les grandes agences humanitaires négligent.

    « L’Afghanistan détient deux records mondiaux des plus remarquables à notre époque. La province du Helmand, au sud du pays et actuellement aux mains des Talibans, est à elle seule en passe de devenir le premier producteur mondial d’opium (92% de l’héroïne mondiale), cultivant plus de drogues que la Colombie ou le Myanmar entiers.

    Une autre province plus au nord-est du pays, qui faisait partie du fief de Massoud et province leader dans le commerce des drogues à l’époque des Talibans, il y a une quinzaine d’années, détient un record plus sinistre encore et plus méconnu. La région du Badakhshan totalise 6 500 décès maternels pour 100 000 naissances, ce qui constitue le chiffre le plus élevé jamais enregistré. Selon les statistiques les plus récentes de l’OMS (2), l’UNICEF et l’UNPFA, le taux de mortalité maternelle du reste de l’Afghanistan est le deuxième plus élevé du monde, après celui du Sierra Leone : il atteint 1 800 morts pour 100 000 naissances (...). »

    Quelles sont les causes de cette situation catastrophique ? Selon Carol Mann, ce sont l’aide humanitaire insuffisante et l’abandon du peuple par le gouvernement ; la discrimination fondée sur le genre ; les mariages forcés mères de filles de 12 à 14 ans offertes comme monnaie d’échange pour payer des dettes ; l’inégalité alimentaire ; les traditions tribales et le fondamentalisme religieux. L’auteure pointe aussi le laisser-faire complaisant des Occidentaux qui se réfugient derrière le prétexte des différences culturelles.

    « Cependant, je refuse de cautionner la moindre tolérance devant ce qui est réellement inacceptable, où que ce soit, ce que nous (les féministes, les bien-pensantes, les emmerdeuses de salon, même les féministes islamistes) sommes en train de faire en Afghanistan. La diversité autorise-t-elle des morts aussi brutales, une violence aussi insensée contre des fillettes simplement parce qu’une prétendue tradition culturelle ou religieuse livrerait leur corps d’enfant à une union sexuelle ? Le respect de l’espace privé et le rejet d’une offre occidentale jugée néo-coloniale légitimeraient-ils l’interdiction d’accéder à une aide médicale pendant un accouchement ? »

    Un article remarquable. Du grand journalisme engagé comme on n’en trouve plus beaucoup aujourd’hui.

    Lire l’article intégral : « La mortalité maternelle en Afghanistan, un record mondial qui laisse indifférent », par Carol Mann, sociologue.

    Châtelaine VS le Conseil du statut de la femme

    Sur Sisyphe également, suivez un débat sur les attaques de la directrice de Châtelaine contre le Conseil du statut de la femme dont elle demande l’abolition. C,est un rapport sur l’hypersexualisation publié par le CSF en juin dernier et qui soulignait la responsabilité des médias qui a déclenché une sorte de vendetta médiatique contre le Conseil du statut de la femme. Le CSF a réagi, appuyé par Sisyphe et par une liste de personnes et de groupes qui s’allongent quotidiennement : ils ont signé une lettre adressée par Sisyphe à la ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre. Deux articles :

    - « Sexe et médias - Le Conseil du statut de la femme répond à Lise Ravary, directrice de Châtelaine » - Lisez aussi le débat qui suit cet article.

    - Lettre à la ministre Christine St-Pierre. Ne laissez pas l’ignorance saper les acquis des Québécoises.

    Cyberlettre de Sisyphe- Si vous souhaitez être avisé-e par courriel de la publication régulière des articles sur Sisyphe, envoyez un courriel à sisyphe@globetrotter.net en écrivant simplement Oui dans le sujet du message. Nous placerons votre adresse courriel dans nos listes.

    Sisyphe.

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    TQS, le torchon noir de la télé

    dimanche 18 mai 2008

    J’ai retrouvé cet article dans le journal Notes Internationalistes de mai 2004. On constate encore une fois que les syndicats récoltent ce qu’ils sèment : le corporatisme et la défense du capitalisme.

    TQS, le torchon noir de la télé

    TQS et la société Cogeco sont reconnus pour leurs reportages pourris et anti-ouvriers.

    Rappelons le salissage des squatters du Centre Préfontaine avec la présentation d’un montage vidéo à l’ex-maire Bourque l’incitant à envoyer la police pour les déloger. Et lorsque des travailleurs et des travailleuses ont fermé le port de Montréal, le 11 décembre dernier, on a pu voir un reportage chez la famille en peine d’un camionneur bloqué. Mais TQS a aussi sa guenille noir. Suite à un reportage du journaliste Gary Arpin sur la grève à Radio-Nord à Rouyn-Noranda, la direction de Cogeco-TQS intervint pour empêcher sa diffusion. Le journaliste porta plainte au Conseil de presse mais sans être représenté par son syndicat. La guenille syndicale de TQS, le syndicat FNC-CSN a reconnu « les nombreux impératifs économiques associés à l’exploitation de l’entreprise au sein de laquelle nous oeuvrons »

    Avec un syndicat qui défend la course aux cotes d’écoute et la recherche du profit (les impératifs économiques), les travailleuses et les travailleurs de TQS se font manger la laine sur le dos pas seulement par le patron mais aussi par le syndicat.

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    ATELIER DE PRATIQUE DE THÉÂTRE ANARCHISTE À MONTRÉAL

    jeudi 1er mai 2008

    « Près de leurs sous, sûrs de leurs droits : les bourgeois »

    ATELIER DE PRATIQUE DE THÉÂTRE ANARCHISTE AVEC DES EXERCICES

    avec Monique Surel-Turpin et Nicolas Mourer du groupe La Balancelle, Paris

    dimanche le 11 mai, 2008, 13h-17h, 10 avenue du Pins ouest - coût : 5 $


    PRÉ-INSCRIPTION À LA LIBRAIRIE L’INSOUMISE, 2033 boul. St-Laurent, ou, par courriel : anarchistefestival@yahoo.ca Info : 514-981-5330

    (Le maximum de participants est de 30 personnes – dépêchez-vous !)

    L’atelier tentera selon une tradition du théâtre anarchiste de représenter les puissants, les bourgeois, ceux qui ont l’argent et le pouvoir pour dénoncer leur emprise et leur mauvaise foi. Le travail se fera à partir d’études sur l’expression corporelle, les silhouettes, en s’appuyant sur des textes de la fin du XIXème siècle (Farces et Moralités d’Octave Mirbeau, La Grève de Louise Michel). On utilisera également des déclarations actuelles de patrons et des textes de l’auteur hispanique contemporain Rodrigo Garcia qui stigmatise la violence capitaliste de notre société.

    L’atelier est animé par La Balancelle, compagnie spécialisée dans le théâtre anarchiste. Monique Surel-Turpin est universitaire et metteuse en scène. Nicolas Mourer est comédien.

    Nous nous proposons d’initier un groupe de personnes intéressées à une réflexion et une pratique théâtrale. Nous avons choisi la représentation des bourgeois parce que cela permet un travail accessible à tous d’observation, de caricature, d’analyse de comportements et de mœurs. Le but est à la fois une approche ludique du théâtre et une mise en image théâtrale de l’injustice sociale.

    La demi-heure de lecture de textes anarchistes présentera des textes et des chansons :

     1° L’ami de l’ordre de Georges Darien : Les bourgeois se réjouissent de l’écrasement de la Commune.

     2° La semaine sanglante (chanson).

     3° Les souliers de Descaves : persécution du pauvre qui vole pour survivre.

     4° Scrupules d’Octave Mirbeau : vol autorisé des riches.

     5° La grève de Louise Michel : pouvoir des banques.

     6° L’épidémie d’Octave Mirbeau : l’égoïsme des bourgeois.

     7° La bande à Riquiqui (chanson).

    Nous essaierons ainsi avec nos propres moyens de recréer l’atmosphère d’une maison du peuple ou d’une université populaire à la grande période de l’Anarchie en France. Le théâtre était considéré comme une arme de lutte plus efficace qu’un tract ou un discours. On y mêlait allocutions, pièces, chansons dans un Atelier théâtre anarchiste, communication militante. La solidarité s’imposait. Souvent les séances avaient pour but de venir en aide à des ouvriers en grève ou emprisonnés. Aujourd’hui aussi, la solidarité s’impose dans cette période de précarité et de pouvoir du capital. Nous pouvons reprendre pour la lutte les termes de ceux qui nous ont précédés ; ils n’ont rien perdu de leur force et de leur actualité.

    ORGANISÉ PAR LE FESTIVAL DE THÉATRE ANARCHISTE/MONTRÉAL 2008

    www.myspace.com/anarchisttheatre_montreal

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